Et l’identité niçoise qui vous est chère ?

Elle n’a jamais été plus en danger qu’aujourd’hui. On a retiré le moulage de la statue de Charles-Félix devant la mairie, les drapeaux niçois sont devenus quasiment invisibles, et l’on m’a indiqué que l’on avait aussi supprimé le mot d’accueil en Niçois sur les lignes téléphoniques de la mairie. On ne « panbagantise » même plus, on est passé la vitesse supérieure, on fait le silence complet sur notre identité et à Nice on barbouille tout de tricolore, comme pour se rassurer. Mais, là, M. Estrosi semble vouloir s’attaquer à un très gros morceau, qui va, si je puis dire, lui rester dans le gosier : les Niçois ont résisté à cent cinquante ans de laminage permanent, ce n’est sûrement pas lui qui va nous faire baisser pavillon.

Par ma mère, ma famille est niçoise depuis 1248, par ma grand-mère paternelle, breilloise et sospelloise depuis des siècles. Et puisque M. Estrosi semble ignorer qui sont les Niçois, je vais me faire un plaisir de l’instruire ; je lui donne rendez-vous pour le fameux 150e anniversaire de l’annexion. On donnait des coups de règles sur les doigts de ma mère à l’école, quant elle employait quelques mots niçois dans ses rédactions, certains maîtres faisaient même parfois manger du savon aux potaches qui s’obstinaient à parler leur langue… Mais les temps ont changé ; pour le 150e anniversaire l’annexion frauduleuse, que M. Estrosi veut fêter en grande pompe, ce ne sont pas les Niçois qui vont manger du savon, et recevoir des coups de règle sur les doigts je vous l’assure… Ceux qui voudront nous faire manger du savon, risquent des tartes à la crème sur le nez… Les marrons grillés c’est très bon aussi, cela rappellera la fête des châtaignes…

Pour changer de sujet, les supporters Niçois sont mécontents, qu’en pensez-vous?

Nous ne changeons pas de sujet du tout, car les supporters niçois soutiennent le Gym mais aussi Nice et l’identité niçoise. C’est peut-être pour cela qu’on leur cherche des noises. Les médias s’acharnent contre eux et leur font une mauvaise réputation ; dernièrement dans le monopole une journaliste pontifiait sur le sujet avec des accents de pasionaria, mais elle s’est disqualifiée en ne faisait pas la différence… entre un fumigène et un pétard «cobra» !

Certains quelquefois (rares heureusement) m’ont demandé pourquoi les défendez-vous, ce sont de voyous. Je leur ai répondu que si tout les voyous étaient comme eux, nous dormirions plus tranquilles. Les a-t-on vus arracher le sac des vieilles dames ? Jamais. Cambrioler, voler aux portières ou trafiquer les cartes bancaires ? Jamais. Ils sont trop vifs ? C’est plutôt un compliment et une grande chance pour notre ville, à une époque ou beaucoup trop de gens, malheureusement, ont du jus de navet dans les veines et se terrent dans leur trou, prêts à tout accepter par lâcheté.

C’est une immense joie et une grande fierté pour moi que de voir trois mille jeunes Niçois vifs, soudés et enthousiastes qui chantent d’une seule voix Nissa la Bella avec amour, la main sur le coeur. Je pense que les ennemis de Nice les détestent pour cela. Certains journaleux, parce que ne sont pas des journalistes, au service du pouvoir ne disent jamais que les ultras niçois sont d’abord des copains unis par l’amitié et soudés par la passion du foot et de leur ville ; qu’ils font aussi du social et s’entraident efficacement quand il le faut, qui font des actions caritatives, qui collectent les bouchons en plastique pour les handicapés et d’autres choses sympathiques.

La presse les dessert systématiquement. Dans tout groupe social il a toujours quelques éléments douteux, mais ce n’est pas vrai seulement que dans le milieu du foot. Ne voit-on pas des notaires, des généraux, des procureurs, des agents des impôts, des policiers, des huissiers, des politiciens, poursuivis et même jetés en prison, pour des motifs autrement plus graves que des jets de cannettes, des bagarres ou l’emploi de fumigènes ? Pourtant, la presse ne crucifie pas ces piliers du système qui sont véreux et corrompus ; on passe en deux lignes et on fait comme si de rien n’était.

On vient même de condamner deux gendarmes respectivement à cinq et deux mois de prison avec sursis pour faux et usage de faux dans la rédaction de procès-verbaux ! Parallèlement, oh, surprise on a infligé six mois de prison ferme à un supporter pour une bêtise mois grave que la falsification de procès-verbaux de police… Madame la Justice avec son bandeau sur les yeux, semble utiliser pour équilibrer sa célèbre balance, des poids de référence inégaux.

La vérité c’est que les ultras du stade dérangent le pouvoir, qui ne peut ni les infiltrer ni les acheter par des subventions ou autre. Or, dans un système qui tend à la totale restriction de la liberté individuelle, toute personne que l’on ne peut acheter est en danger, toute tête qui ne plie pas, doit être coupée. Et on mobilise, avec notre argent, des forces incroyables pour des faits mineurs, alors que des crimes et délits ne déchaînent pas une répression de cette ampleur. Les malheureux qui se font agresser, téléphonent à la police et on ne leur envoie pas immédiatement des escadrons de gendarmes et de CRS pour poursuivre leurs agresseurs, souvent il faut de la chance pour obtenir quelqu’un au bout du fil…Mais sortez un fumigène dans un stade et vous verrez la différence. Cette volonté marquée du pouvoir de mise au pas des forces vives est un signe, et c’est extrêmement grave pour la liberté de tous. Nous devons défendre la jeunesse niçoise et nous méfier de la désinformation des journaleux moutonniers, qui ne sont, pour beaucoup, que des relais d’un pouvoir aux abois.

Un dernier mot ?

Je dirai aux Niçois, relevez la tête et défendez-vous, défendez votre ville. Nous allons certainement traverser de très graves turbulences, et nous devons être unis pour y faire face. Ne soyez pas individualistes et ne croyez surtout pas que vous, personnellement, ne serez pas touché, car tout le monde le sera. Ceux qui feront l’autruche seront balayés les premiers. Chacun même à un petit niveau, peut faire quelque chose, et d’abord, parler à ses amis, ses relations, ses voisins, afin de reconstituer ce tissu social niçois mis à mal aujourd’hui. Je rencontre beaucoup d’entre vous à la Ligue, dans la rue, chez les commerçants, et je sais que vous êtes conscient de cela ; cela ne suffit pas, parlez autour de vous, créez des réseaux d’amis et de relations, cela sera très utile le moment venu. Gardez confiance, Nice en a vu d’autres, tous ensemble nous sauverons notre ville, notre identité, et assurerons à notre jeunesse un avenir meilleur que celui que les malfaisants lui préparent. Bientôt il faudra vous mobiliser pour agir, car seule la puissance populaire peut faire obstacle au dévoiement de la démocratie et ce jour-là personne ne doit manquer à l’appel. Issa Nissa !

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