« La L.R.L.N.  s’élève avec la plus grande fermeté contre le tenue des manifestions qui les 19 et 20 juillet prochain, auront lieu à Plombières pour honorer Napoléon III et Cavour.  Elles sont le prélude à la réhabilitation de napoléon III et au rapatriement de sa dépouille en France. L’un des principaux promoteurs de ce scandaleux projet est M. Christian ESTROSI, maire de Nice. Ce dernier a pris la tête d’une coterie de nostalgiques du second Empire, régime corrompu s’il en fut. Malheureusement, des élus figurent au Comité « d’honneur » ( !) des fêtes de Plombières ; il s’agit, outre M. ESTROSI,  de :

        M. Hervé Gaymard, président du Conseil général de Savoie

        Mme Bernadette LACLAIS, maire de Chambéry

        M. Christian Monteil, président du Conseil général de Haute Savoie

        M. Jean-Luc Rigaut, maire d’Annecy

Il est scandaleux que des élus républicains honorent un dictateur qui le 2 décembre 1851 renversa la République dans le sang et déporta des milliers d’opposants à Cayenne. Ce personnage s’est illustré par des lois d’exception, la censure de la presse, des plébiscites truqués, des « candidats officiels », de douteuses affaires de Banque, la déportation de Victor Hugo et de Schoelcher (à qui l’on doit l’abolition de l’esclavage). Il est responsable de la désastreuse guerre du Mexique et du conflit de 1870 qui permit l’instauration de l’empire allemand, de la perte de l’Alsace et de la Lorraine qui provoqua un peu plus tard la guerre de 14-18 et sa conséquence directe, la guerre de 1940.

Les élus impliqués dans ces manifestions se déshonorent, déshonorent leurs électeurs et la République qui avait déchu et banni à jamais le dictateur. La L.R.L.N. a crée un Comité « Non à Napoléon le petit » et appelle tous les démocrates à se mobiliser pour empêcher la réhabilitation d’un dictateur. S’ils ne le font pas aujourd’hui, dans un demi-siècle on réhabilitera, qui sait, Franco et Pinochet, et l’on présentera Goebbels comme un génie de la publicité incompris en son temps. Cette atterrante perspective doit être conjurée en refusant fermement aujourd’hui la réhabilitation de celui qui, trahissant son serment, renversa la République pour instaurer la dictature ».

                                                                 Le président de la L.R.L.N.

                                                                       Alain ROULLIER